05/05/2022

👉  Tonte   ou   Apéro   cette semaine ❓

En moyenne, les Français possédant un jardin consacrent deux heures par semaines à tondre leur pelouse. Et si à la place de faire des allers-retours dans votre jardin le dimanche, vous invitiez vos amis pour un apéro ?
Arrêter de tondre sa pelouse n’a pas que des avantages économiques ou temporels, la (re)pousse des fleurs et des plantes sauvages engendre un retour de la vie dans les jardins. Laissez l’herbe pousser pour que vivent des papillons et des coccinelles. Laissez des tas de branches ou de feuilles pour que des hérissons viennent y trouver un refuge.
 « Vivre simplement pour que simplement d'autres puissent vivre. »  (Gandhi)
Peut on remettre en cause cette  “étrange idée” de tondre l’herbe régulièrement ?
Il s’avère que les trois quarts du temps on pourrait se permettre de ne pas tondre la majorité d’un espace vert. Attention, il y a des endroits où c’est nécessaire pour des raisons d’accessibilité. On imagine difficilement un terrain de foot pas tondu. Dans un jardin, c’est pareil. Il faut que l’endroit conserve ses fonctionnalités. Par contre le reste pourrait il être partagé avec la nature dans un objectif de maintien de la biodiversité. D’ailleurs, si l’on prend l’exemple d’un jardin de plus de 600m² exploite t on la totalité de la pelouse en permanence.
“ une prairie par rapport à une pelouse tondue :  Il y a un monde entre les deux.”
Dans une prairie, on laisse pousser, ce que dans une pelouse on appelle les mauvaises herbes. C’est un endroit plus ombragé, un véritable filtre à brume, un havre de biodiversité. La rosée d’une pelouse tondue n’est pas du tout la même que celle avec des hautes herbes. Quand arrive l’été par exemple, le dessèchement va arriver deux fois plus vite, la pelouse va s’abimer, le sol va éventuellement craqueler. L’endroit est beaucoup plus vulnérable aux fortes chaleurs.
Dans une prairie, vous amenez naturellement une multitude d’espèces, que ce soit végétales ou animales. La faune et la flore vont réapparaître de façon plus abondante. Par conséquent, vous avez des plantes aux systèmes racinaires différents. Comme elles ont tendance à être complémentaires, elles peuvent agir de manière collaborative. Des échanges se font entre les unes et les autres. Globalement vous obtenez plus de résilience.
« un espace tondu est une sorte de crime contre la biodiversité... »
Sur une pelouse coupée à ras, on constate une raréfaction des espèces de tous genres. La biodiversité baisse énormément. Dans le règne végétal, peu de plantes apprécient d’être tondues régulièrement. D’un point de vue écologique c’est une mauvaise pratique. Essayez de trouver des mantes religieuses dans un gazon tondu ; Par contre, si vous laissez à la nature 1000m², cet insecte bio-indicateur va réapparaître si vous êtes dans son aire de répartition géographique.
 Même si c’est léger, le ruissellement de l’eau de surface est freiné, ce qui limite l’érosion. Les alluvions peuvent être plus facilement piégées. De plus, la couverture du sol va le rendre un peu moins sensible au gel. Une pelouse haute est utile pour tout le monde tout au long de l’année tant qu’elle ne nuit pas aux fonctionnalités du jardin.
Ne plus tondre la pelouse ne signifie pas pour autant ne plus l’entretenir. Attention à rester dans le contrôle des végétaux ligneux pionniers.
Quoi qu’il en soit, le jardin reste un espace artificialisé habité par l’humain. Il doit répondre à certains besoins, aller d’un point A à un point B, produire des fruits, cultiver un potager, faire pousser des fleurs, etc. L’idée n’est pas de rendre l’endroit impraticable, mais de voir où on peut se permettre de le laisser à la biodiversité.

       La première des nécessités ne serait elle pas de préserver les ressources quelles qu’elles soient ?
La biodiversité en est une. 
Jadis on entretenait un endroit fonctionnel en fauchant. La faux est un outil ancestral quand la tondeuse est apparue récemment, la facilité ne nous a-t-elle pas emporté vers l’excès ?    la hausse du prix de l’essence va-t-elle nous amener à plus de raison ?
 Dans le contexte écologique Actuel ne faudrait il pas redéfinir les nécessités.
Une partie des gens a déjà compris où se situe la vraie nécessité, que leur petit rôle local est utile. Plus on sera nombreux à le faire, plus l’effet sera visible.
Comprendre pour ne plus détruire.
À force de vouloir la maîtriser, nous avons oublié l'apaisement que pouvait nous procurer la nature dans nos propres jardins.
 

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Sources …d’inspiration :
Toutes ces réflexions ont été « empruntées » à une interview de Eric Lenoir  au sujet de son livre : "Petit traité du jardin punk" 
Auteur : Eric Lenoir 
Éditions : Terre vivante 
Prix : 10€
Cet ouvrage a reçu le Prix Saint-Fiacre 2019, décerné chaque année par l’Association des Journalistes du Jardin et de l’Horticulture (AJJH).

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Des  démarches similaires ont été lancées en Angleterre depuis plusieurs années
https://www.plantlife.org.uk/uk/discover-wild-plants-nature/no-mow-may
et en Allemagne  "Mähfreier Mai", "pas de tonte en mai"